•  

    Le corps de milicien nouvellement recruté avançait lentement, chaque jour ressemblant au précédant. De longues marches et peu de pause, le soir venu les hommes montais le campement, s’entraînais, mangeais et allais se coucher, le matin les miliciens démontaient le camp et la journée recommençait de plus belle. Audran angoissais à chaque pas qu’il faisait en direction de Balaven et de la bataille qui l’attendait, il parlait peu, ne voulant pas connaître les personnes qu’il allait voir mourir. Le destin, joueur et ironique lui offrit tout de même une rencontre, à l’aube du vingt-troisième jour de marche.

     

    Audran était parti voir le capitaine des miliciens, on l’avait affecter régiment des lancier, mais par sont passé de chasseur Audran était plus à l’aise à l’arc, désirant un poste qui lui convenais mieux, il était parti réclamé ça mutation. C’est les bottes enlacée par la boue que l’homme arriva prêt du capitaine. C’était un homme imposant ce capitaine, une montagne de muscle, la peaux salie par la boue, une épaisse barbe entourais ses grosses lèvres. Sont allure était suffisante pour être craint et respecter par ses hommes. Il était tel un ours en armure et prêt au combat. Son nom était Rorjan, « capitaine Rorjan » ! Comme il aimait le rappeler à ses troupes.

     

    Rorjan était devant sa tente entouré des ses cinq lieutenants. Ils discutaient autour d’une carte avec un jargon que Audran ne connaissais pas. Du vieux Simatrien. Une langue utilisée par certain militaire et oublier par les autres. Audran ôta son capuchon de cuir et la voix pleine de modestie, il interrompit le capitaine.

     

    - « Capitaine Rorjan ? Je pourrais vous poser une question ? »

    - « Tu vient d’la poser mon gars ! Part j’ai du travail ! » Répondis l’homme en armure, ce qui fis sourire ses lieutenants.

     

    Audran marqua une pose, puis insista, avec un ton plus ferme.

    - « C’est important mon capitaine. »

     

    Rorjan leva les yeux de ça carte. Il esquissa un sourire, en partie cacher par sa barbe. Après un silence de quelques secondes, il fis signe à ses lieutenant de l’attendre un peut plus loin.

    - « Entre. » Dit simplement le barbu.

     

    Audran hésita un petit instant puis suivis son capitaine à l’intérieur de sa tente. Elle était rouge, la couleur des gradés. L’intérieur était plus agréable que les abris des miliciens, mais elle traînait dans la même boue noirâtre.

     

    - « Qu’es qui te traquasse mon gars ? »

    - « Depuis que nous sommes partie d’Olémia je suit les entraînement à la lance. »

    - « Comme tout les autre ! » Interrompis sèchement le capitaine.

    - « Oui … » répondis Audran, intimidé par son supérieur. « Cependant, avant j’était chasseur et je pense être plus utile à l’arc. »

    - « A l’arc ?! » repris Rorjan avec dédain. « Tu voudrais faire partie du corps des archets ? »

    - « Oui capitaine ! »

    - « Ah ! Les archets ! Tu parles de ces femmes qui se cachent derrière leurs camarades ! »

    Le capitaine se tourna vers sa recrue, la regardant dans les yeux et la pointant du doigt.

    - « Tu viens sous ma tente, pour me demandé de partir avec ces fillettes ?! »

    - « Oui capitaine ! »

    Ce dernier baissa son doigt accusateur.

    - « Apparemment t’sais c’que tu veut mon gars ! »

     

    Audran se demandais si son capitaine était en train de le tester. Un sourire en coin s’afficha sur le visage de se dernier.

    - « Tu est bien bâtis, tu pourrais être un excellant lancier ! Pourquoi diable veut tu marcher avec les archers ?! »

    - « Je me sent plus apte à l’arc mon capitaine ! » Répondis la recrue au garde-à-vous.

     

    Rorjan se frotta la barbe en réfléchissant.

    - « C’est non ! »

    - « Mon capitaine ? »

    - « J’ai dit : C’est NON mon gars ! »

    - « Vous ne me testez pas avant de prendre votre décision mon capitaine ? »

    Alors que Audran s’attendais à une réprimande de la part de son capitaine fort de caractère, celui-ci resta calme et s’assis sur sa couchette. Il se frotta la barbe à nouveau.

    - « Tu m’a dit venir d’Olémia c’est ça ? »

    - « Oui capitaine. »

    - « Cela fait donc vingt-deux … non ! Vingt-trois jours que tu marches au côté des lanciers ! » Rorjan posa ses monstrueuses mains sur ses genoux. « Tu pourrais abandonner tes frères d’armes ? C’est cela que tu veux ? »

    La recrue hésita.

    - « Je ne les abandonne pas … et je n’en connais aucun, mon capitaine. »

    - « Tu ne les connais pas ? Alors laisse moi t’les présenter mon gars ! » La carcasse massive du capitaine se leva et alla jusqu'à l’ouverture de la tente écarlate. « Chaque un des gars que tu vois là a quitté son foyer. Ils aurais pus fuir, se cacher … » Il se tourna vers sa recrue. « Tu aurais pus fuir ou te cacher, mais non ! Vous êtes tous là ! » Rorjan contempla à nouveau le camp des lanciers.  « Nous avons fait tout ce chemin dans la boue, car nous sommes des hommes d’honneur, des hommes prêt à prouver notre loyauté. » Le capitaine fit signe à sa recrue. « Approche et observe mon gars. »

     

    Audran se plaça au niveau de son supérieur. Il regardait le corps des lanciers en contrebas, ils s’entraînaient, brandissant leur lance contre des ennemis imaginaire. Tous effectuaient le même balai.

     

    - « Aucun d’ces hommes ne se connaissais avant. Maintenant, en moins d’un mois ils agissent comme un seul et même être. J’refuse ta d’mande mon gars car tu fait parti de cette troupe, de cet ensemble. Ces hommes vont s’battre et mourir cote à cote, alors qu’ils on des métier, des ages et des vies différente. Maintenant, voudrait-tu les abandonné ? »

    - « Non … mon capitaine. » Audran ne savais quoi dire. Il avait l’impression que Rorjan ne voulais pas vraiment envoyer ses hommes au combat.

    - « Tu m’a dit que tu les connaissais pas. Pourquoi tu ne leurs à pas parler ? »

    La recrue hésita à nouveau.

    - « Répond franchement mon gars. »

    - « Je ne voulais pas connaître les gens qui allais mourir à mes cotés. »

    - « Pourquoi ? »

    - « Pour me préserver je pense … »

    - « Donc dans l’tas c’est toi l’égoïste … »

    Audran se sentis soudainement honteux.

    - « J’devrait p’tet t’envoyer chez les archers. » Ajouta Rorjan en souriant.

    - « Mon capitaine … »

    Interrompis Audran, alors que son supérieur partait vers le bureau.

    - « J’ai commis une erreur mon capitaine. Je ne veux être nulle part ailleurs. »

    - « Ravis de l’entendre mon gars ! Maintenant part ! J’ai du travail ! »

     

    La recrue salua, fis volte face et repartis vers le camp des lanciers. Audran était monté pour demander une mutation. Au final il revient vers ses hommes sur qui il porte un regard nouveau. Le capitaine Rorjan, un homme bien mystérieux, il ne savait que penser de son supérieur, une seule chose était certaine quand il descendait la colline boueuse : à partir d’aujourd’hui Audran voudrais faire parti de cet ensemble.

     

    ***


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  •  

    La foule oppressante bousculait Audran, malgré son activité commerciale Olémia n’avais jamais était autant en ébullition. Les gens parlais, criais, pestais, se révoltais, approuvais, dans ce brouhaha l’ancien chasseur restais silencieux. Le général du douzième régiment, « les croc de Simatra », était là pour annoncer une sombre nouvelle. La baronnie d’Adéron avait déclaré la guerre à Simatra. Ce qui voulais dire que le calme de la vallée d’Olémia serait tôt ou tard briser par les chants de guerre et les boucliers fracassés. Audran passa ses mains sur son visage, il ne voulait pas croire ce qu’il avait entendu, mais le général répéta :

     

    « Tout homme valide doit ce tenir prêt au combat ! Par ordre du haut et saint Tarshad de Simatra, les femmes reprendront le travail des hommes et ces derniers partiront en guerre pour défendre leur royaume bien-aimé ! »

     

    Le Tarshad, maître des armées et frère du roi. Même si la parole d’un Tarshad est sacrée, Audran ne voulais pas partir en guerre, tuer des inconnues qui on eu aussi des familles. L’ancien chasseur repensais au moment où son cœur se serra, où il compris que quelque chose de grave arriverais, cet instant où le cavalier c’est approcher.

     

    Les sabots du destrier claquaient le sol, les convulsions de ses muscles témoignaient de l’effort qu’il avait fait pour gravir les collines au galop. Le héraut regarda Audran dans les yeux avant de déclarer solennellement que tout les hommes valides était attendue à la place du marché pour une annonce officiel du saint Tarshad. Son regard se porta par la suite sur Edmoud, puis il répéta : « Tout les hommes valide. ». Audran c’était interposé entre l’impressionnante monture du héraut et le jeune apprentie.

     

    - « Edmoud n’a que 14 ans il n’est pas encore majeur ! Il ne le serra que dans un an. D’ici là notre puissante armée aura sûrement obtenue la victoire. »

     

    - « Jamais je ne vous est parlez d’une guerre ! Ce pendant vous avez raison. »

     

    Les militaires pensais qu’un paysan était trop limité pour comprendre qu’un message du Tarshad annonçais forcément une guerre, mais Audran le savais, en mentant sur l’age de son apprentie il venais sans aucun doute de lui sauver la vie, et ceci, Edmoud l’avais également compris. Après le départ du cavalier Audran transmis la nouvelle a son épouse, cette dernière s’effondra en larme. Après de tendres embrassades dont le paysan avait oublier la saveur et les remerciement du jeune apprentie, l’homme se mis en route pour Olémia, pour arriver finalement à cette foule bruyante et à ces triste nouvelles.

     

    Les yeux de l’ancien chasseur se posèrent sur les visages de la foule, il y vis les jeunes qui hurlais de joie, pensent qu’ils pourrais prouver leurs valeur et les hommes qui eux pleurais avec leur épouses de peur qu’ils ne revois jamais leurs familles. C’était donc ça la guerre ? Le ventre d’Audran se noua de peur. Jamais naguère il n’avait pensé à la mort. Jamais il n’avait envisagé qu’on l’arrache de ses terres pour protéger l’honneur et le territoire d’un roi qu’il n’avait encore jamais vu, comme beaucoup, il désirait seulement vivre en paix dans son village qu’elle que soit le régent de ce dernier. Non. Audran ne voulais pas tuer sans en connaître la cause, il ne voulait pas fermer les yeux et obéir aveuglément.

     

    « Nous prendrons la route demain ! Prenez nourriture, eau et force pour le voyage et la bataille qui vous attend a Balaven ! » Hurla le général.

     

    L’anciens chasseur rentra donc chez lui, le ventre noué et les jambes chancelante a chacun de ses pas, arrivant encore a marcher alors que la peur le terrassais. Quand il arriva a ça chaumière, il ne se sentie jamais autant chez lui qu’à cet instant. Grusha le pris a nouveau dans ses bras, ils pleurèrent ensemble, par dépit pour cette rupture forcer, par peur de la mort d’un être aimé, au final par peur du futur. La nuit venue que trop vite et c’est avec amertume qu’Audran se coucha au près de ça femme. Cette nuit là, dans ses songe, nulle belle au cheveux irisées, nulle nuit claire en milieux de forêt ; il ne rêva que du son des lames s’entrechoquant, de l’odeur du sang et de la mort qu’il allais sûrement rencontré trop tôt.

     

    Un cor sonna au lueur du jour suivant, Audran était déjà réveillé, sachant que sont voyage vers la guerre commencerais en ce début d’été, à Balaven le fort où moururent sont père et ça mère. « Le destin se rie de moi … » pensa l’apprentie soldat avant de prendre la route.

     

    ***


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  • « Audran. Audran ! Réveille toi fainéant ! » hurla une voix grincheuse.

     

    Cacher sous sont épaisse couverture de fourrure, Audran avait encore une fois rêvé de la belle et encore une fois la voix de Grusha vain ternir ses songes. Le jouvenceau était devenue homme et était marier a la pire canaille de la petite ville Olémia : Grusha. Son nom résumait sa personnalité, moche et désagréable. Elle était la fille unique du boulanger Odgar un homme doux et aimant, le total opposé de la chaire de sa chaire ; Audran se demandais régulièrement si le boulanger ne lui avait pas cédé ça fille pour s’en débarrassée. Quand à ça belle-mère, Audran, n’en avait jamais entendu parler, quand ce dernier posait la question Grusha l’envoyait balader avec un « De-quoi-tu-te-mêle » plein de vigueur. Au fond Audran était persuadé que ça femme était plus triste que mauvaise, plus perdue que mal luné. Comme son cœur était doux, il lui pardonnait.

     

    Regardant les poutres tordues de ça maisonnette, les deux mains derrière la nuque, le garçon devenue homme repensais au début de son couple ; quant il était chasseur et que Grusha souriais encore. Il l’avait rencontré au marché alors qu’il vendait son gibier chassé le matin même. Elle avançait, son bras fin coincé l’hanse de son panier en osier, à cette époque elle lâchait ses cheveux. Ils ondulaient sur ses épaules comme les serpentins les jours de fête. Elle n’était pas la plus belle Olémia, ni la plus convoitée, elle n’était pas moche non plus, au final elle avait juste ce qu’il fallais. Audran ne la connaissais pas mais il la voulait pour lui. Il l’avait suivis dans le marcher, abandonnant son stand qui fut déposséder des viandes appétissantes qui le garnissais. La jeune fille passais de stand en stand, achetant ce qu’il lui fallais et accompagnais chaque paiement d’un magnifique sourire. Le soir elle rentra à la boulangerie de son père.

     

    Comment avait-elle put changer à ce point ? Se demanda Audran, accompagnant son interrogation par une grimace. Au fond de lui l’ancien chasseur savait pourquoi. Ca femme n’était plus amoureuse de lui, il se demandais même si elle l’avait un jour aimé.

     

    « Aller paresseux !! » recommença la voix depuis le rez-de-chaussée.

     

    Un grommellement se faufila d’entre les dents de Audran, ce dernier s’étant résolue à l’idée de se lever. Ses deux pieds abîmer par le travail firent craqué le plancher. L’homme ne se levait plus pour aller chasser depuis des année, le travaille de la terre remplissais a présent ses journées. Il se frotta le visage, pensent encore a cette femme qu’il avais rencontré étant plus jeune. Femme ou déesse. L’homme fini par ce lever avec la peine qu’on les vieux paysans. Après avoir ouvert les volets de la chambre il pris une grande inspiration tout en regardant la vallée ou se nichais Olémia.

     

    La petite ville d’Olémia était un lieu où il faisait bon vivre même si la vie y était plus rude que dans les grandes citées du royaume de Simatra. Elle était blottie entre deux collines arrondies et coloré par les nombreuses cultures qui nourrissaient ses habitants, comme une enfant contre le buste de sa mère. Les maison n’était pas bien grande et pas bien solide, les bâtiment ne dépassais que rarement la cimes des arbres. Au milieu de la débonnaire Olémia, l’église de Yamou, le dieu artisan, dépassait le toit des chaumières. Audran imaginais les rues de cette petite ville avec les habitants qui la peuplent, continuant leurs éternels balais, criant pour vendre, vendant pour vivre. Le commerce était la principale activité de cette cité, située au centre du royaume de Simatra.

     

    Des pas pressés firent grincé l’escalier de la vieille chaumière, de la porte arriva une femme rougie par la colère. Elle regarda Audran avec ses yeux noisette et furieux. Grusha était une femme qui avait mal vieillie, jadis ses cheveux noir ondulais sur ça nuque et ses épaule maintenant ils était prisonnier d’un chignions serrer. Ça robe de mauvaise facture était tacher par les taches ménagères mais jamais elle ne s’en préoccuper.

     

    « Tu passe ton temps a rêvasser alors qu’il y a du travail qui t’attend ?! » hurla la mégère avant de continué son sermon sur le même tons : « Edmoud est là et il t’attend ! Tu compte faire attendre ton apprentis encore combien de temps ?! »

     

    « J’y vais. » répondis Audran dans un soupir fatigué.

     

    Le paysan se rendit à la cuisine où un jeune homme l’attendait. Edmoud avait dix-sept ans, il venait de l’orphelinat de Olémia et pour avoir quelques sous en poche il travaillait comme apprentis chez Audran. C’était un garçon travailleur et calme et ce qu’il aimait pardessus tout quand il travaillait avec Audran ce sont les histoires que ce dernier lui racontait. L’époque où il était chasseur, la fois où il s’était fait attaqué par un ours et ça rencontre avec la femme aux cheveux irisé. Le maître et l’apprentis se mirent au travaille comme à l’accoutumé, c’était la saison des moisson, faux a la main il fauchez les blé pour le pain qui les nourrira. La journée était bien entamée quand un cavalier arriva au galop dans la propriété de Audran. Un cavalier avec une belle armure et il était coutumier de penser qu’un cavalier en armure était annonciateur de mauvaise nouvelle.

     

    ***


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    Le garçon avançait doucement dans la forêt, avec un geste délicat il écarta les fougères qui l’empêchaient de voir la scène. En cette belle nuit, la lune était pleine et sa douce lumière bleutée traversait la cime des arbres, formant des centaines de rayons scintillants. Le vent quant à lui, faisait danser les feuilles qui se mettaient à chanter dans une langue pure comprise uniquement par la nature elle-même. Les yeux émeraude du garçon n’étaient pas attirés par ce spectacle, aussi magique soit-il, le jeune homme était comme hypnotisé par cette femme qui dansait sous le plus beau rayon de lune. Elle portait une robe en rosier, les branches de ceci s’entremêlaient pour former un tissu aussi léger que la soie, serti d’une vingtaine de roses rouges. Toutes les fleurs de sa robe étaient en bourgeons, les pétales serrés les uns contre les autres, se joignant pour remercier les cieux de leur offrir une nuit comme celle-ci. Une seule fleur était ouverte, tout prêt de son cœur, caressant de ces pétales la peau de l’inconnue. Le garçon, qui commençait à peine sa vingtième année, était émerveillé par cette vision enchanteresse et ni pensées ni songes ne vinrent déranger ce moment. Le regard du jouvenceau explorait les moindres courbes du corps de la danseuse, il partit de l’unique fleur vermillon ouverte pour observer les courbures de sa nuque, découvrant avec les mouvements gracieux de la belle inconnue, ses fines épaules. Les lèvres de la jeune femme étaient fines, sa peau claire était bleutée par la subtile couleur de la nuit, ses cheveux lisses, châtain clair et irisé de rouge, lui arrivaient au milieu du dos. Ses yeux, le jeune homme ne pouvait les voir de l’endroit où il était. Cependant il savait que s’il n’allait pas rencontrer cette femme, lui parler ou au moins voir ses yeux, le garçon le regretterait toute sa vie.

     

    La botte du jouvenceau, sortit alors délicatement des hautes herbes qui lui servaient d’abri. Caché dans l’ombre le jeune homme avançait, timide mais décidé. A chaque pas qui le rapprochait de la jeune femme son cœur se serrait de peur qu’elle ne le voie et s’arrête de danser. Le pommeau de la dague qu’il portait à la ceinture reflétait le peu de lumière qui parvenait au garçon qui était venu chasser. L’inconnue continuait de danser, insouciante, elle rigolait comme si l’on venait de lui annoncer la plus belle des nouvelles. Le chasseur de regard approchait furtivement. Arrivé à quelques coudées de l’inconnue, le jeune homme se cacha derrière un arbre qui avait un large tronc : Un Saule Azur, un arbre au tronc blanc et aux feuilles bleues. Un petit rayon de lune éclairait le garçon, dévoilant à qui pouvait le voir son visage. Les traits du jeune chasseur étaient fins, comme si l’enfantine innocence n’avait jamais quitté son visage, pourtant une longue cicatrice parcourait sa joue. Ses cheveux noir mi-long cachaient en partie, ses yeux verts. A son regard, une personne attentive pourrait croire que c’était la première fois que le jouvenceau voyait une femme.

     

    Puis advint le silence, plus de pas dansants, plus de rire. La poitrine du jeune chasseur se serra, ce qu’il craignait venait de se produire, la belle avait arrêté de danser. La veste de cuir du jouvenceau se soulevait au rythme de sa respiration, il finit par sortir de sa cachette. Le rayon de lune semblait bien moins beau en l’absence de la jeune demoiselle. Les épaules du chasseur tombèrent par dépit, quelque chose de chaud et d’humide lui caressa alors la joue. Ses doigts allèrent à la rencontre de cet objet avant de revenir le présenter devant le nez du chasseur. Une larme. Voilà bien longtemps qu’il n’en avait vu.

     

    « Etiez-vous spectateur ? » demanda soudainement une voix à la fois douce et riante.

     

    Le jeune homme se tourna et découvrit les yeux de la belle. Ses yeux si convoités, plus purs et précieux que les plus beaux saphirs des royaumes du nord, avaient une couleur unique un dégradé de bleus splendide, divin ; parfait, ses yeux étaient parfaits. Le jeune chasseur ne pensait pas trouver tel trésor dans cette forêt oubliée de tous. Il balbutia quelques sons ce qui firent rire la demoiselle aux cheveux irisés.

    « Ne savez-vous donc point qu’il est fort impoli d’espionner les jeunes demoiselle dansant au clair de lune ? » questionna la danseuse avec le plus beau de ses sourire avant de continuer : « Vous êtes chanceux, je suis de bonne humeur ! Je vous pardonne. Venez donc danser avec moi. » finit la jeune femme en prenant les mains du chasseur. A l’instant où leurs doigts se frôlèrent toutes les fleurs en bourgeons s’épanouirent, comme si le printemps était venu au galop. Jamais le jeune chasseur n’avait tenu main si douce.

     

    Pris au dépourvu le jouvenceau était comme hébété devant tant de joie et de beauté, puis vint un sourire au coin de ses lèvres découvrant lentement ses dents, son cœur se gonfla de joie petit-à-petit, jusqu’au moment où il se mit à danser avec autant d’entrain que la belle inconnue. Il dansèrent, dansèrent et dansèrent encore.

     

    « Que fête-t-on ? » demanda le jeune homme alors que la demoiselle passait sous son bras avec la grâce des anges.

     

    « La fin et le début ! » répondit la belle en riant.

     

    Les jambes du chasseur s’arrêtèrent puis il répéta : « La fin et le début ? »

     

    « Oui ! » confirma-t-elle à nouveau. « Dansez ! Dansez donc ! Le renouveau, la vie et la nouvelle ère ! » reprit la danseuse.

     

    « Le sens de vos phrases m'est inconnue » dit le jouvenceau, déçu de ne pouvoir comprendre.

     

    « Un jour vous comprendrez et plus que quiconque vous saurez. » finit l’inconnue.

     

    Elle arrêta de danser à son tour et fit une révérence à son cavalier, ce dernier lui rendit mais une fois la révérence achevée la belle avait disparu.

     

    Dix ans passèrent, sans que jamais le jouvenceau n'eût revu la belle.

    ***


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